Médicaments pour le surpoids

Médicaments et surpoids : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Vous cherchez une solution pour perdre du poids, mais les régimes seuls ne suffisent pas ? En France, certains médicaments peuvent désormais vous accompagner dans la prise en charge du surpoids et de l’obésité. Mais attention : ils ne sont ni magiques ni sans conditions. Entre critères d’éligibilité, surveillance médicale et effets secondaires, mieux vaut être bien informé avant de se lancer.

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Pourquoi des médicaments contre le surpoids ?

Quand les efforts alimentaires, l’activité physique et le soutien psychologique ne suffisent plus, certains patients se retrouvent dans une impasse. C’est là qu’interviennent les médicaments. Loin d’être une solution miracle, ils s’intègrent dans une prise en charge globale de l’obésité ou du surpoids sévère, et ne sont prescrits qu’en seconde intention, après échec des mesures hygiéno-diététiques bien conduites.

Pourquoi ? Parce que l’obésité est une maladie complexe, multifactorielle, avec des conséquences sérieuses : diabète de type 2, hypertension, apnée du sommeil, maladies cardiovasculaires, entre autres. Lorsqu’un excès de poids compromet l’autonomie ou la santé d’un organe, l’aide pharmacologique peut être envisagée pour renforcer les chances de succès.

Ces traitements agissent sur différents leviers : satiété, appétit, vidange gastrique, absorption des graisses. Mais leur efficacité dépend toujours du contexte dans lequel ils sont prescrits.

Qui peut bénéficier d’un traitement médicamenteux ?

Homme obèse qui regarde son téléphone

Tous les patients en surpoids ne sont pas concernés. En France, la prescription de médicaments contre l’obésité est strictement encadrée. Voici les critères d’éligibilité les plus courants :

Pour les adultes :

IMC ≥ 30 kg/m² : obésité

IMC ≥ 27 kg/m² avec comorbidité : par exemple, diabète de type 2, hypertension artérielle, dyslipidémie ou apnée du sommeil

Pour les adolescents (≥ 12 ans) :

IMC ≥ 95e percentile selon l’âge et le sexe

Poids ≥ 60 kg

En plus de l’IMC, l’âge (moins de 65 ans), l’état de santé global et l’échec prouvé d’une prise en charge nutritionnelle sont indispensables avant de poser l’indication.

Voici un tableau récapitulatif :

Public cibleCritère d’IMCConditions supplémentaires
Adultes≥ 30Aucune, si obésité confirmée
Adultes≥ 27Avec au moins une comorbidité liée au poids
Adolescents (≥12)≥ 95e percentilePoids ≥ 60 kg et suivi médical strict


La décision est toujours prise par un médecin, souvent spécialiste en endocrinologie-diabétologie-nutrition, qui évalue le rapport bénéfices/risques pour chaque patient.

Les médicaments autorisés et leur mode d’action

Médicaments

En France, plusieurs médicaments ont obtenu une autorisation de mise sur le marché pour la prise en charge du surpoids et de l’obésité, sous certaines conditions. Leur point commun ? Ils s’utilisent en complément d’un régime hypocalorique et d’une activité physique régulière.

Le liraglutide (Saxenda)

Ce médicament injectable quotidien agit comme un analogue du GLP-1, une hormone intestinale. Il augmente la sensation de satiété, réduit l’appétit, ralentit la vidange de l’estomac et limite la sécrétion de glucagon. Résultat : vous mangez moins, sans avoir l’impression de vous priver. Il est prescrit aux adultes, mais aussi aux adolescents dans certains cas.

Le sémaglutide (Wegovy)

Lui aussi appartient à la famille des analogues du GLP-1, mais il se distingue par une administration hebdomadaire. Le sémaglutide est aujourd’hui l’un des traitements les plus prometteurs, avec une perte de poids moyenne supérieure à celle du liraglutide selon plusieurs études. Disponible en pharmacie mais non remboursé à ce jour, Wegovy est soumis à une prescription initiale hospitalière spécialisée.

Le tirzépatide (Mounjaro)

Encore peu prescrit pour l’obésité, le tirzépatide est un double agoniste : il agit à la fois sur les récepteurs GLP-1 et GIP, pour réguler l’appétit et la glycémie. Il montre une efficacité remarquable sur la perte de poids, principalement via une réduction de la masse grasse. À suivre de près…

L’orlistat (Xenical)

Ce vieux de la vieille agit autrement : il bloque l’absorption des graisses dans l’intestin. Résultat : moins de calories stockées. Mais son efficacité est modeste et ses effets indésirables digestifs (selles huileuses, fuites) l’ont rendu beaucoup moins utilisé aujourd’hui. Il n’est plus recommandé par la Haute Autorité de Santé.

Voici un comparatif synthétique :

MédicamentMode d’actionFréquenceSpécificité
SaxendaSatiété (GLP-1)QuotidienneInjection sous-cutanée
WegovySatiété (GLP-1)HebdomadairePerte de poids plus marquée
MounjaroGLP-1 + GIPHebdomadaireDouble mécanisme, efficacité élevée
XenicalRéduction absorption des graissesOraleNombreux effets digestifs

Effets secondaires et précautions d’usage

Si ces médicaments peuvent apporter une aide précieuse, ils ne sont pas sans risques. Les effets secondaires les plus fréquents sont d’ordre digestif, surtout au début du traitement :

Nausées

Vomissements

Diarrhées ou constipation

Ces troubles sont généralement transitoires, mais peuvent devenir gênants, notamment si la dose est augmentée trop rapidement. C’est pourquoi l’augmentation progressive des doses est recommandée, comme avec le Wegovy.

D’autres effets indésirables, plus sérieux, nécessitent une surveillance médicale rigoureuse :

Déshydratation liée aux troubles digestifs : boire régulièrement est essentiel.

Pancréatite aiguë : une douleur intense au ventre irradiant dans le dos doit alerter.

Hypoglycémie chez les patients diabétiques : le traitement antidiabétique doit parfois être ajusté.

Enfin, ces médicaments ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse ou en cas de projet de grossesse. Une contraception efficace est recommandée pendant toute la durée du traitement et jusqu’à un mois après son arrêt.

En cas d’anesthésie générale, le sémaglutide (Wegovy) peut augmenter le risque d’aspiration gastrique : le signaler à l’équipe médicale est indispensable.

Quelle prescription en France ? Ce que dit la réglementation

La France encadre de manière stricte la prescription des médicaments pour le surpoids. Il ne suffit pas d’en demander à son médecin généraliste pour repartir avec une ordonnance. Voici les règles en vigueur :

Une prescription spécialisée

La première prescription des analogues du GLP-1 (Saxenda, Wegovy, Mounjaro) doit impérativement être réalisée par un spécialiste :

• Médecin en endocrinologie, diabétologie, nutrition

• Ou médecin titulaire de la formation spécialisée transversale « Nutrition appliquée »

Le renouvellement peut ensuite être effectué par un médecin généraliste, sous conditions.

Des critères d’éligibilité précis

Pour éviter les mésusages (notamment à des fins esthétiques), l’ANSM a limité l’accès à ces traitements :

IMC ≥ 35 kg/m²

Âge < 65 ans

Échec documenté d’une prise en charge nutritionnelle bien menée

Une délivrance encadrée

Même en pharmacie, ces médicaments ne sont pas accessibles comme une boîte de paracétamol. Le pharmacien doit vérifier l’indication, le respect des conditions, et remettre au patient une boîte pour déchets médicaux (DASRI) en cas d’auto-injection.

À noter : Wegovy n’est pas remboursé à ce jour, même s’il a reçu un avis favorable au remboursement pour certaines indications. Affaire à suivre.

Médicament et changement de mode de vie : un duo inséparable

Prendre un médicament pour perdre du poids ne dispense jamais de revoir ses habitudes de vie. C’est même l’inverse : l’efficacité est conditionnée par l’association à un régime alimentaire équilibré, une activité physique régulière et un accompagnement psychologique ou comportemental si nécessaire.

Les études ont montré que sans changement de mode de vie, les résultats sont nettement moins durables. De plus, ces traitements ne peuvent pas être poursuivis indéfiniment : leur usage est souvent limité dans le temps, sous contrôle médical, et leur arrêt doit être anticipé.

En parallèle du traitement, les patients peuvent bénéficier :

• d’un suivi diététique personnalisé

• d’ateliers pour apprendre à reconnaître la satiété

• d’un accompagnement comportemental pour gérer les compulsions alimentaires

Le médicament devient alors un levier parmi d’autres pour créer une dynamique positive, renforcer la motivation et maintenir les résultats sur le long terme.

Ce qu’il faut retenir avant de commencer un traitement

Avant d’entamer un traitement médicamenteux contre le surpoids, voici les points essentiels à garder en tête :

1. Ce n’est pas une solution miracle : les médicaments aident, mais ne remplacent pas un changement profond des habitudes de vie.

2. Ils ne sont pas pour tout le monde : une évaluation médicale est nécessaire pour vérifier les indications et les contre-indications.

3. Ils nécessitent un suivi régulier : aussi bien pour ajuster les doses que pour surveiller l’apparition d’éventuels effets indésirables.

Enfin, il faut garder à l’esprit que ces traitements doivent s’inscrire dans un parcours de soins structuré, centré sur la personne et son bien-être global. La relation de confiance avec les professionnels de santé est un élément clé de la réussite.

Et souvenez-vous : prendre soin de vous, ce n’est pas juste perdre du poids, c’est aussi retrouver un équilibre durable, sans culpabilité ni pression esthétique.

À votre santé, et à très bientôt sur Nutrition Santé !

Je m’appelle Julien, rédacteur de nutrition-sante.fr et passionné de bien-être depuis que j’ai troqué les fast-foods pour les flocons d’avoine un lundi matin de trop. Installé à Tours, je partage ici mes découvertes pour manger mieux sans se prendre la tête. Parce que oui, on peut aimer la nutrition sans devenir moine ni bodybuilder !

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